Bien connue des nutritionnistes pour ses nombreuses vertus, la papaye pourrait révéler des qualités encoresupérieures lorsqu’elle est fermentée. Lors des entretiens de Bichat, des chercheurs ont même avancé qu’elle pourrait limiter les effets néfastes de l’alcool sur les intestins grâce à de formidables composés antioxydants.
N’en mange-t-on pas assez ? Toutes les études effectuées dans les pays occidentaux semblent le prouver. L’homo sapiens sapiens version troisième millénaire ne raffole plus de ces douceurs fraîches que l’on peut déguster en toutes saisons, principalement en été si on fait abstraction des importations hivernales.
INÉGALITÉS NUTRITIONNELLESDerrière ce constat, évident, il faut apprendre à relativiser et repositionner les choses dans leur contexte. Tout d’abord en France, la consommation de fruits est repartie à la hausse depuis 1997 (Le célèbre “mangez des pommes !” aurait-il porté ses fruits ?). Par-delà cette évolution positive que l’on retrouve d’ailleurs dans d’autres pays européens mais aussi aux Etats-Unis, pays pourtant souvent stigmatisé pour sa “malbouffe”, une autre analyse socio- économique révèle malheureusement bien des distorsions. Plus on est riche, bien informé et soucieux de sa bonne santé, plus on met des fruits et légumes dans son panier et dans ses repas. Plus on est pauvre, peu informé et surtout soucieux de tirer la quintessence énergétique d’un repas et moins on consomme de fruits et légumes.
SYNERGIE
Par-delà le rôle précieux joué par tel ou tel il porté ses fruits c’est l’ensemble de ces composants qui actionnent des phénomènes positifs pour la santé par la mise en oeauvre d'une véritable synergie. En effet, si les polyphénols jouent un rôle primordial, n’oublions pas que les fruits sont riches en vitamines, en minéréraux et en fibres.
Dès lors, cette équation rappelle combien les restaurateurs ont aussi leur rôle à jouer non seulement dans l’approche pédagogique des produits et de leurs vertus mais aussi, plus simplement, pour répondre aux attentes d’un public demandeur et de mieux en mieux informé. Ceux qui fréquentent assidûment les restaurants font a priori partie des catégories sociales les plus favorisées qui recherchent donc cetéquilibre nutritionnel pourtant si naturel. Sans doute que la dérive des années d’après-guerre, de cette croissance insouciante qui a tiré le maximum des sols et des évolutions techniques et technologiques avait mis aux oubliettes quelques préceptes naturels et le bon sens des anciens au profit d’une alimentation toujours plus rapide, toujours plus riche et saturée.
MELON, PASTÈQUE ET ABRICOT, VEDETTES DE L’ÉTÉ
Parmi les fruits consommés durant la période estivale, trois d’entre eux sont les champions d’une alimentation équilibrée. Riches en eau, en potassium et en bêta-carotène, les melons et pastèques désaltèrent, apportent l’énergie nécessaire sans craindre de laisser passer les calories superflues. Grâce à leur pectine qui transforme les fibres insolubles en fibres solubles, les abricots sont très digestes et apportent des vitamines très précieuses ainsi que la provitamine A (ou bêta-carotène), bien connue pour améliorer la peau et la vision.
UN CAPITAL SANTÉSi ce règne-là est bien loin d’être fini, ce mode alimentaire ne satisfait plus tout le monde et le retour aux valeurs naturelles peut paraître complètement logique, presque prévisible. En développant la connaissance scientifique sur les rapports entre nutrition et santé, les chercheurs ont allumé de nombreux clignotants qui inquiètent, comme les corrélations imposantes entre certains types d’alimentation et des risques connus comme les accidents cardio-vasculaires, les diabètes, l’ostéoporose ou les cancers.
COEUR ET NEURONES
Très efficace pour aider le coeur à mieux fonctionner, les fruits sont aussi considérés comme de bons anxiolytiques. En effet, les spécialistes considèrent que tout ce qui est bon pour le coeur l’est aussi pour le cerveau.
Les fruits, indissociables d'une bonne alimentationDans une longue interview qu’il nous avait accordé, le chef Alain Dutournier soulignait combien il était temps de prendre conscience de cette cela de se plier à une discipline goûteuse, celle qui consiste à déguster tous les jours entre 5 et 10 portions de fruits ou légumes, de manière à atteindre un minimum de 400 à 800 g.
LES POLYPHÉNOLSDepuis qu’on a découvert dans l’organisme humain l’existence et la nocivité des radicaux libres, les polyphénols ont été mis sur un piédestal. Seuls capables d’éliminer ces molécules disposant d ’électrons célibataires grâce à leur pouvoir antioxydant, ces polyphénols composent une famille de substances chimiques présentes naturellement dans les fruits et légumes. Dans les fruits rouges et le raisin, il s’agit d’anthocyanine, dans les profonde mutation, que "chacun devait prendre conscience qu’il disposait d’un capital santé” rappelant qu’il n’était pas inépuisable. Alors que faire, vivre en ermite, se contentant du minimum ou suivre quelques tendances végétariennes, forcément sans fondement comme tout ce qui est extrême ? Bien sûr que non. Si la troisième voie économique ou politique reste bien une chimère, celle d’une alimentation tout simplement équilibrée, empreinte de bon sens est complètement possible. Il suffit pour agrumes, il s’agit de flavonoïdes et on trouve encore de multiples formes d’autres polyphénols dans des végétaux comme les pommes, le thé, les oignons ou le cacao. S’il est prouvé qu’ils luttent efficacement contre le vieillissement cellulaire et protègent, en conséquence, contre de nombreuses maladies, ostéoporose, affections cardiovasculaires ou formation de tumeurs, il est recommandé de consommer ces polyphénols en grande quantité mais sans tomber pour autant dans l’excès.
DICTON AMÉRICAIN"Une pomme par jour éloigne le médecin de la maison !"