Le fruit de “l’arbre à pain”
Le marron glacé
La gourmandise ardéchoise
De mi-octobre à mi-mai, les châtaigniers produisent des marrons qui, une fois glacés, feront les bonheur des gourmets..
EN CHIFFRES
Avec 11000 tonnes, la France est le dixième pays producteur de châtaignes, loin derrière la Chine qui en produit plus de 715 000 tonnes (70% de la production mondiale). En France, la moitié de la production provient de l’Ardèche.
En Ardèche, le châtaignier pousse au moins depuis la préhistoire. De tout temps, l’homme a ramassé ces étonnantes bogues qui protègent par plusieurs couches successives deux types de fruits, la châtaigne (plus petite, deux ou trois par bogue) et le marron (un seul gros fruit). Etonnamment riche (fibres, potassium, glucides, vitamine B), ce fruit était appelé autrefois “l’arbre à pain”, tant ses qualités nutritionnelles pouvaient remplacer le pain. Ce mets des pauvres connut une transformation majeure qui l’emmena jusque sur les plus belles tables, notamment à l’occasion des festivités de fin d’année.
DEPUIS QUAND ?
C’est au XVIe siècle, à Lyon, qu’on inventa le processus du marron glacé, mais ce n’est qu’en 1882 que ce procédé fut considérablement amélioré par un ingénieur des ponts et chaussées de Privas, Clément Faugier. Fort de cette première réussite, il mettra au point, trois ans plus tard la fameuse crème de marrons. Fruit de saison, le marron glacé est devenu tout naturellement une confiserie prisée durant les fêtes de fin d’année. Ancré en Ardèche, le marron glacé est une spécialité locale dont certaines
entreprises sont devenues le porte-drapeau, comme les Marrons Imbert à Aubenas.
TENDANCE
Si la consommation de marrons glacés a périclité depuis les années 60, il n’en reste pas moins vrai que ce produit continue de faire rêver le consommateur. De plus, certains grands chefs, citons Alain Dutournier et Régis Marcon, l’ont remis à l’honneur dans des préparations originales. Le début d’une tendance ?