Les archéologues en conviennent, le châtaignier était déjà présent au paléolithique dans le sud de la France. Reconnu pour ses valeurs nutritionnelles, le marron a le coeur ardéchois depuis fort longtemps. A Aubenas, Gustave Imbert a même érigé le fils de “l’arbre à pain” en symbole gastronomique donnant naissance à une entreprise familiale pérenne et dont la réputation a franchi les frontières hexagonales. Fruit d’un travail patient et méticuleux, le marron glacé Imbert est devenu au cours du siècle précédent l’expression d’un savoir-faire artisanal. Avec l’arrivée à la tête de l’entreprise familiale du couple Nogier (Stéphanie, la femme d’Alexandre est l’arrière-petite fille du fondateur), la société a changé de voilure. “L’image des marrons Imbert était telle qu’on pouvait partir à la découverte de nouveaux marchés” reconnaît Alexandre Nogier, le directeur général depuis 1998. “Nous continuons à faire ce qui nous anime, décliner le marron exclusivement à partir de fruits frais mais depuis juillet 2004, nous disposons d’une nouvelle unité de fabrication qui nous permet de faire face à la demande.”
Avant la guerre de 14-18, Gustave Imbert, associé à un pâtissier albenassien du nom de Contassot , s’était lancé dans la confection de m a rrons confits. Mais c’est véritablement en 1920, que démarra la grande aventure des marrons Imbert.
Forte de sa réputation, la société d’Aubenas réussit un véritable tour de force dans ce micro-marché qui croît moins vite que par le passé. “C’est clair que le marron glacé a périclité depuis les années 60. C’est cependant un produit qui fait toujours rêver le consommateur et nous arrivons à tirer notre épingle du jeu.” Surtout, la société Imbert jouit d’une formidable image auprès des professionnels de la pâtisserie et de la restauration.
“Nous avons su rester dynamiques et sensibiliser les professionnels pour qu’ils utilisent nos produits uniques.” A l’image des recettes élaborées en partenariat avec le chef-pâtissier Christophe Michalak, le marron vit au travers de
multiples déclinaisons savoureuses. Désormais, le marron glacé ou en sirop ne représente plus que 20% de la totalité des produits transformés par Imbert. Le reste s’articule autour des crèmes de marron, des pâtes et des purées.
Bien sûr, la production reste saisonnière du fait de la récolte et s’étale de mioctobre à mi-mai au maximum. “Le reste de l’année, nous continuons d’expédier à travers le monde entier.” Avec une politique beaucoup plus offensive en dehors du territoire national, les Marrons Imbert ont trouvé des terrains à la mesure de leurs ambitions, comme au Japon ou à Taïwan et des portes qui s’ouvrent du côté de la Chine et des Etats-Unis. La plus belle reconnaissance pour ce savoir-faire albenassien.